Contre la maltraitance des personnes âgées : s’informer et agir

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STOP à la violence, prenons soin de nos aînés

Chaque année, le mois de juin est l’occasion pour les organismes de défense des droits humains de sensibiliser sur les violences que subissent les personnes âgées, et de fournir les outils pour s’en défendre, que l’on soit victime ou témoin.

Souvent subies à huit clos, les violences ont vu leur taux s’ aggraver pendant la pandémie de Covid-19.  Selon les chiffres de l’OMS, près d’un sénior sur 6 en est victime, et près de 75% sont des femmes dépendantes.

La maltraitance des personnes âgées et des personnes en situation de vulnérabilité peut prendre des formes très variées.  Elle se manifeste aussi bien à domicile, en intrafamilial, qu’en hébergement spécialisé, et peut être volontaire ou passive par le fait d’une négligence physique ou matérielle.


Qu'est-ce que la maltraitance ?

  • les maltraitances psychologiques : elles se traduisent par une dévalorisation de la personne, des insultes, des menaces, une culpabilisation, des humiliations, du harcèlement... ;
  • les maltraitances physiques : coups, mais aussi dans le cas de personnes âgées en perte d’autonomie des soins brutaux, des contentions non justifiées ;
  • les maltraitances sexuelles : notamment les viols, les agressions sexuelles, les atteintes sexuelles…;
  • les maltraitances financières et matérielles : vols, fraudes, rackets, procurations abusives, escroqueries... ;
  • les maltraitances médicales : un excès ou une privation de médicaments, une privation de soins, une douleur non prise en charge, des abus de sédatifs… ;
  • les maltraitances civiques : limitation des contacts avec l'extérieur, mise sous tutelle abusive...

On distingue également les « maltraitances par inadvertance » des « maltraitances intentionnelles ».

  • les maltraitances par inadvertance sont des négligences passives sans intention de nuire. Elles surviennent principalement par manque d'information ou de connaissance, de formation, par épuisement... Les auteurs de ces négligences sont maltraitants sans le vouloir et le savoir.
  • les maltraitances intentionnelles sont des négligences actives avec intention de nuire.
source : pour-les-personnes-agees.gouv.fr

 

Le Code pénal protège les victimes

Que vous soyez victime, tuteur ou témoin, il est important que vous signaliez l’acte de maltraitance afin de le faire cesser et sanctionner. Le signalement peut se faire d’abord directement auprès du

directeur de service spécialisé (prestation à domicile ou maison de retraite), vous pouvez également contacter le 3977, un service d’écoute gratuit pour les personnes âgées, qui vous conseillera et vous orientera dans vos démarches. En maison de retraite, vous pouvez alerter l’ARS (Agence régionale de santé) et/ou le conseil départemental, qui pourront procéder à une enquête qui aboutira à la correction des dysfonctionnements relevés, et dans les cas les plus graves à la fermeture de l’établissement. En cas d’urgence, il ne faut évidemment pas hésiter à appeler la Police ou la Gendarmerie.

Des aidants en « sur-régime » 

À mesure que la population vieillit, le nombres de résidents dans les EHPAD ou en logements-foyers augmente (693 OOO en 2020). Mais ces structures peinent à recruter tant l’offre d’emploi semble peu attractive. Alors qu’il faudrait compter un.e aide-soignant.e par résident, le ratio est aujourd’hui presque de moitié, de même que le temps de la toilette nécessaire par résident est divisé par 3, soit 13 minutes au lieu de 40 minutes en moyenne. Conséquence : la pénibilité du travail des aidants professionnels est accrue, la fatigue physique et morale peut mener à de la négligence  et une forme de maltraitance vis-à-vis des patients.  Il est impératif que les structures d’accueil, avec l’appui des collectivités territoriales, se donnent les moyens humains à la hauteur de leur mission et forment davantage les soignants à la prévention des actes de maltraitance.

Les aidants familiaux, qui s’occupent de leur proche âgé et dépendant, sont également concernés. Surmenage, burn-out physique ou psychologique peuvent mener à des situations de maltraitance sur la personne âgée en position de « dominée ». Près d’un aidant sur 10 n’a pas connaissance des dispositifs qui lui sont dédiés. L’accès à l’information est donc primordial pour améliorer leur quotidien et prévenir les risques de violence sur leur proche.

L’isolement, une forme de maltraitance ?

En France, selon une étude réalisée par Les Petits Frères des Pauvres, il y aurait près de 900 000 personnes âgées isolées, dont 300 000 en situation de mort sociale. Un triste bilan qui pourrait s’aggraver avec le vieillissement démographique dans les villes, mais aussi dans les campagnes, où l’urgence sociale passe également par un aménagement territorial adapté.

Chibanis en détresse

Les Chibanis et Chibaniates, ces immigrés devenus âgés,  ne sont pas épargnés par ce fléau. Qu’il s’agisse de la liquidation de la retraite ou de l’accès aux prestations sociales, les personnes âgées peinent à faire valoir leurs droits, les exposant davantage au risque de l’exclusion sociale. Aux obstacles liés à la complexité du système administratif (barrière de la langue nécessitant le recours à un interprète, problèmes liés à l’état civil avec des erreurs fréquentes de dates de naissance et de patronymes) s’ajoutent les difficultés liées au contrôle dont ces personnes font l’objet. L’économiste Antoine Math parle d’ailleurs de « maltraitance institutionnelle » pour évoquer la suspicion qui entoure les migrants extra-européens. En effet, dans le cadre de leur lutte contre la fraude, les pouvoirs publics incitent les organismes de protection sociale à cibler sur cette population ses contrôles de résidence pour les droits sociaux. De ce fait, cette surveillance renforce le sentiment d’insécurité et d’illégitimité chez ces anciens travailleurs dépourvus de leur force de travail et de l’âge. La détérioration des conditions de vieillissement des migrants s’explique en partie par l’invisibilité institutionnelle de ces derniers et la prise en charge sanitaire et médico-sociale défaillante qui en résulte. En effet, les différents rapports et études émanant du champ scientifique et de la société civile concluent tous à l’insuffisance d’accès aux dispositifs de droit commun et des pratiques administratives discriminantes.

Afin de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie des personnes âgées vulnérables, la Coopérative met à disposition gratuitement son Livret d’accès aux droits, et invite également à signer son Plaidoyer pour les droits des personnes âgées  isolées et de la population migrante vieillissante. 

 

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Ensemble, agissons pour le bien-être de nos aînés.

 

🎯 Pour propulser nos actions : www.cotizup.com/lancementcooperativechibanis


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